Brigitte Bardot, 80 ans et pas un reniement

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Ils furent nombreux à se morfondre dans quelques pubs anglais, en s’imaginant partager une nuit avec cette femme incarnée à jamais par les initiales B.B. À la question « Tu veux ou tu veux pas ? », qui n’eût pas répondu par l’affirmative ? Que celui-ci soit sanctifié dans l’heure.

De Godard à Gainsbourg, tous sont tombés sous son charme ravageur, son magnétisme animal et sa fausse ingénuité. Muse des années 60 et éternelle sex-symbol, elle ne méprisa personne et ne brisa des cœurs qu’involontairement. Malchanceux et anonymes n’ont eu l’occasion d’approcher ce rêve de femme qu’à travers les nervures glacées des images figées de magazines. Que d’imaginations masculines enfiévrées par cette blonde bottée de cuir et couronnée de cuivre doré !

Les mythes vivants nous semblent familiers alors qu’ils sont au firmament, parmi les dieux, à boire le nectar qui conserve leur jeunesse pour l’éternité. Jeune, Brigitte Bardot l’est plus que jamais. À aucun moment elle ne fut une beauté vide, mais bien plutôt une femme engagée et consciente. Rebelle, elle n’hésita jamais à prendre parti pour les causes qui lui paraissent les plus justes et à affirmer avec vigueur sa liberté de parole. Elle n’hésite d’ailleurs pas, à la veille de ses 80 ans, à dévoiler pour Paris Match son amour pour Marine Le Pen, en déclarant que « Marine sait ce qu’elle doit faire et n’a pas besoin de mes conseils. Je souhaite qu’elle sauve la France, elle est la Jeanne d’Arc du XXIe siècle » ou bien à se qualifier de « Française de souche lointaine et fière de l’être ». Peu lui importe de mourir les cheveux dans le vent : elle est liberté et rien, ni personne, ne lui dictera sa conduite. Presque « anar », toujours aristocratique, glamour et rock’n’roll, B.B. est à l’image de la France éternelle : belle et insaisissable.

Elle n’en fit toujours qu’à sa tête, interrompant sa carrière cinématographique très jeune, juste avant sa quarantième année, se permettant même de refuser un million de dollars des agents de Marlon Brando pour tourner avec lui. Quand cette femme décide quelque chose, elle s’y tient ; pas de promesses en l’air, pas de retour en arrière possible.

Son destin était ailleurs, elle le savait. Rien ne serait plus comme avant, désormais elle se consacrerait à la protection animale. Parfois avec excès mais toujours passionnément car son éthique personnelle ne lui a jamais fait défaut, et elle resta toujours fidèle à ses principes de comportement. Peut-être trouva-t-elle dans les animaux des compagnons qui n’attendaient pas d’elle un personnage mais simplement sa présence authentique. Pour les hommes et les femmes, elle est B.B. et non Brigitte. 

Nous, Français, avons besoin de B.B. Son souvenir nous rappelle à quel point notre pays est grand, admirable et admiré dans le monde entier. Puisse B.B. nous convaincre que ce qui fut notre pays ne disparaîtra jamais, comme elle, son insouciante et rieuse jeunesse.

Gabriel Robin, juriste et écrivain pour le site Boulevard Votaire

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