Privatisation de la Française Des Jeux : un non-sens économique et moral

Communiqué de presse officiel du Front National,

Éternellement redevable à ceux qui ont permis son élection, Emmanuel Macron s’apprête à faire un nouveau cadeau à ses amis financiers. L’Agence des participations de l’État vient en effet de passer une étape décisive en confiant le dossier de la privatisation de la très rentable Française des jeux à la banque BNP Paribas. L’État détient actuellement 72 % de son capital.

On se souvient du précédent des sociétés autoroutières. Le schéma est ici le même : offrir aux appétits privés une entreprise publique ultra rentable. 14,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et un bénéfice net en hausse de 10,7 % sur un an. Une rente de 3,12 milliards d’euros pour les finances publiques l’an dernier via les « prélèvements sur les mises », auxquels il faut ajouter 133 millions d’euros de dividendes.

Privatiser la FDJ rapporterait une seule fois une recette exceptionnelle de quelques centaines de millions, c’est-à-dire ce qu’elle rapporte déjà annuellement. Un non-sens économique doublé d’une absurdité financière. Mais surtout, cela priverait l’État de sa capacité à imposer des règles de prévention des addictions, d’autant plus qu’il est envisagé de coupler l’ouverture du capital avec une révision des normes du secteur : l’interdiction des casinos en ligne, la fiscalité, le rôle de l’autorité de régulation, tout pourrait être remis en cause. On connaît les risques, entre mainmise mafieuse et affranchissement de toute prescription envers les citoyens dépendants aux jeux d’argent.

Une loi sera nécessaire pour privatiser la FDJ, la discussion législative pourrait intervenir au deuxième trimestre 2018, Emmanuel Macron peut déjà être assuré de trouver les députés du Front National face à lui, au nom des intérêts réels du peuple français.